Arrivé au Cameroun il y a quelques jours de cela, le champion du monde WBO en 2013 et président de l’association internationale des boxeurs camerounais de la diaspora(ASINBOCADIA) a tenu à mettre en lumière les problèmes qui cancérisent le noble art dans son pays d’origine. Dans un entretien qu’il a accordé à la presse, il a clairement indiqué qu’il compte tout mettre en œuvre pour débarquer l’équipe fédérale actuellement aux affaires, afin d’assurer à la fois un meilleur épanouissement aux pratiquants et un meilleur développement à la discipline.

Qu’est-ce qui justifie votre présence en ce moment au Cameroun ?

Je suis parti du Cameroun depuis 1998, mais je n’ai jamais oublié tous mes jeunes frères qui pratiquent cette noble discipline dans des conditions difficiles. Je suis donc là, pour leur apporter mon soutien. Je suis là pour partager mon expérience d’ancien boxeur avec eux et leur apprendre toutes les connaissances que j’ai acquises pendant plusieurs années de pratique. J’ai été champion du Cameroun ; j’ai boxé chez les poids lourds en WBO ; j’ai été champion du monde WBO en 1993; j’ai disputé 117 combats amateurs et 47 combats professionnels ; j’ai gagné 15 combats professionnels ; j’ai fais des formations d’entraîneur un peu partout et je pense pouvoir avoir l’expertise nécessaire pour leur transmettre un certain nombre de connaissances importantes à travers un stage de recyclage de trois jours. Je ne suis pas là seulement pour aider les pugilistes de Makaï Boxing Club. Je suis là pour aider tous ceux qui pratiquent la boxe dans notre pays. Il est question de leur apprendre les bases, l’ancienne école du père Ayissi, le fondateur de la fédération camerounaise de boxe qui était très exigeant.

Quelle image avez-vous de la boxe au Cameroun ?

La boxe camerounaise est sans âme. Elle a beaucoup perdu. Les dirigeants actuels ne mettent pas vraiment les moyens adéquats pour former une équipe nationale digne, pour développer cette discipline et assurer le bien-être et l’épanouissement des pratiquants. A notre époque ce n’était pas ainsi. Pour accéder à l’équipe nationale, par exemple, il fallait être champion ou vice champion du Cameroun. Rien n’était acquis. Aujourd’hui, les boxeurs sont malheureusement sélectionnés, sans toutefois faire un tournoi, sans toutefois faire des stages… La boxe camerounaise est donc en souffrance, elle est malade. C’est la raison pour laquelle nous sommes là pour essayer de rectifier le tir avec l’association internationale des boxeurs camerounais de la diaspora et l’association nationale des anciens boxeurs du Cameroun. La boxe camerounaise est en train de mourir et c’est bien dommage. Je vous assure que si mon père Bessala revient sur terre, il va demander à repartir immédiatement, parce qu’on ne reconnaît plus la boxe camerounaise.

Que pensez-vous personnellement de Bertrand Mendouga, le président actuel de la Fecaboxe ?

Bertrand Mendouga est une plaie ! J’ai travaillé avec lui depuis 2001 et aujourd’hui, on ne se salue pas. La boxe est extrêmement corrompue aujourd’hui comme notre pays… J’ai subi cela en 2007. Lors des élections, j’étais venu exprès au pays. J’avais commencé à travailler avec Jean Marie Akono Ze. Il n’est pas parfait, mais c’est le jour et la nuit par rapport au président actuel. Ceux qui ont boxé à l’époque savent très bien que Jean Marie Akono Ze, c’est quelqu’un qui avait ses propres moyens et qui savait donner par rapport au président actuel…  Bertrand Mendouga, moi je l’appelle un mafieux. Il a tellement fait des trucs avec des connections au ministère des sports. Vous vous souvenez de ce qui s’est passé pour le tournoi prévu en Russie. Les gens ont pris le budget de cette compétition, ils ont décaissé une trentaine de millions, j’ai des sources sûres à ce sujet, et ils sont allés faire des achats à Dubaï. Comment voulez-vous que la boxe évolue avec tout ça.

A vous entendre, on a bien l’impression que votre ambition est de devenir président de la fédération camerounaise de boxe

(Rire) Honnêtement, les élections ne m’ont jamais intéressé et je n’ai pas l’intention de gérer la fédération. Je vis à l’étranger et je ne peux pas venir gérer la boxe au Cameroun. C’est une aberration et je ne peux pas le faire. J’ai une autre vie, la fédération ce n’est pas pour l’instant. Néanmoins, nous souhaitons avoir un président et une équipe dirigeante digne, une équipe qui peut respecter les boxeurs camerounais. Notre lutte, c’est que le boxeur puisse vivre de son art. Mon souhait, c’est qu’un boxeur camerounais puisse gérer la fédération. Bertrand Mendouga n’a jamais pris un coup de poing, il  ne connaît pas ce que veux dire contrôler son poids à tout moment…

Que comptez-vous faire de manière concrète pour faire bouger les lignes dans les jours à venir ?

Nous travaillons depuis des années dans ce sens. Nous travaillons avec des avocats pour voir ce qui peut être fait sur le plan juridique. Nous comptons même écrire à l’AIBA pour faire tomber l’équipe dirigeante actuelle. Nous sommes en train de travailler pour que les choses changent. Malheureusement, il y a beaucoup d’éléments que nous ne pouvons pas dévoiler pour le moment.

Propos recueillis par Fabien Mbarga

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