Plusieurs années après sa disparition, le puissant milieu de terrain camerounais continue de vivre des les cœurs et les mémoires. Depuis plus d’une décennie déjà, son nom est valablement honoré en France à travers un prix qui récompense le mérite des footballeurs africains.

On n’arrive toujours pas à tourner la page ! Même 17 ans après, l’émotion est toujours vive et insoutenable. En février dernier par exemple, Eric Djemba Djemba évoquait encore, comme si c’était le 26 juin 2003, les derniers instants de vie sur terre de Marc Vivien Foe. «Eric, je suis fatigué“. Alors je lui ai dit, quand le ballon sortira, nous le dirons à l’entraîneur et il te remplacera ». Seulement ? « Il n’a pas eu une minute. Le ballon était en l’air et il a sauté avec Mario Yepes, avec qui j’ai joué à Nantes. J’ai vu Foe tomber et puis j’ai vu Mario crier : “Hey, hey, hey”. On s’est approché de lui et on a tout de suite su qu’il était mort », a-t-il confié à the Sun.

Au delà de la mélancolie, il y a surtout cette forte conviction d’un homme qui reste vivant dans les cœurs. « Le lion n’est pas mort, mais il dort ! » Aujourd’hui, comme par le passé, cette phrase a tout son sens. A chaque fois que l’occasion se présente, elle est reprise par plus d’un avec amour et fierté. L’ancien lion indomptable est donc bel et bien vivant aux yeux de certaines personnes. Dans les mémoires, il y en a qui ne l’on pas laissé tomber dans l’oubli. Même hors des frontières camerounaises, beaucoup le gardent vivant dans un coin de leur cœur. En France par exemple, son nom est honoré depuis plus de 10 ans déjà, à travers le prix Marc Vivien Foe. Il s’agit d’un trophée crée par RFI en 2009 et qui consacre le mérite des meilleurs footballeurs africains évoluant dans le championnat français.

A côté de cette page honorable qui donne irrésistiblement le sourire, il y a l’abandon de son complexe sportif de Biteng qui donne un mal de tête horrible. On peut aussi évoquer avec douleur, les promesses non tenues de ses anciens coéquipiers qui laissent perplexe. «Depuis que Marco est décédé, personne n’a daigné venir déposer au moins une gerbe de fleur sur sa tombe. Je n’ai vu personne alors que de son vivant, Marco mangeait avec eux, il jouait avec eux, ils partageaient des bons comme des mauvais moments en sélection avec eux. J’ignore si c’est de la méchanceté ou de la haine », déplorait en 2013, son père Martin Foé Amougou, dans une interview réalisée par le journaliste Christian Tchapmi.

Que dire de la déchirure entre les membres de sa famille ? « La famille est séparée ; elle est divisée. Je suis comme une inconnue aux yeux de mes frères et sœurs », révélait à cette période Michelle Foé, la fille de l’illustre disparu. Autant de soubresauts et d’histoires rocambolesques qui n’empêchent pas l’envie d’écraser une larme chaque 26 juin.

Fabien Mbarga

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