Vainqueur du championnat national masculin de Basket avec FAP, le technicien Gilles Kouamo qui devient le premier à conduire FAP à un titre de champion du Cameroun nous a fait part dans un entretien de ses impressions et de la recette qui a conduit FAP au titre.

Quels sont vos sentiments alors que vous venez de hisser FAP Basket sur la plus haute marche du basket national ?

Je veux tout simplement dire que c’est un sentiment de satisfaction qui m’anime en ce moment au vu du parcours effectué durant ce Final 4 aller et retour. Non pas seulement un sentiment de satisfaction parce que nous avons gagné tous nos matchs mais surtout pour un travail bien accompli étant donné que ce projet, nous l’avons planifié depuis trois ans et il était donc question qu’au terme de ce projet de trois ans, nous finissions champion du Cameroun et vainqueur de la coupe du Cameroun. Dommage qu’il n’y ait pas de coupe du Cameroun cette année mais on a cette satisfaction totale d’avoir accompli notre mission pour ce projet qui avait été mis sur pied.

FAP remporte son tout premier titre sur le plan national et cela ne peut qu’être une grosse fierté pour moi et pour tout mon groupe d’avoir inscrit nos noms dans le livre d’or de cette équipe-là comme étant le premier groupe à avoir donné un trophée à cette formation donc je crois que peut-être cela va encore motiver les jeunes pour la saison prochaine.

Qu’est-ce qui a fait la différence dans ce tournoi ?

Ce qui a fait la différence dans ce tournoi c’est principalement l’esprit d’équipe que nous avons su mettre sur pied lors de l’établissement de ce projet. Nous avons misé sur la solidarité de groupe, sur l’entraide, la familiarité et on a compris que sur ce modèle de fonctionnement, on gagnerait à avoir un groupe équilibré et cela s’est vu durant la saison, on avait une équipe assez homogène qui se comprenait par des gestes et voilà, aujourd’hui on peut avoir des résultats assez positifs. Un autre élément capital a été l’aspect physique sur lequel nous mettons tous nos moyens pour que les gars soient toujours en forme et puissent nous produire de bons résultats.

Comment avez-vous vécu ces derniers mois avec l’arrêt des compétitions ?

L’arrêt des compétitions dû à la pandémie du Coronavirus a été très difficile pour nous parce que cela a freiné notre élan dans la préparation et dans notre façon de fonctionner, ce qui fait qu’au Final 4 retour, nous avons eu beaucoup de soucis, peut-être pas sur le plan physique mais au niveau de l’intensité que nous avions déjà acquise jusque-là. Mais heureusement, on avait déjà cette cohésion de groupe qui nous a facilité les choses, elle nous a permis de dominer les autres équipes parce que j’avoue, contre toutes les équipes, on a des soucis au niveau de l’intensité. Toutefois, pendant cette période d’arrêt des activités, nous avons pris des dispositions pour que les enfants restent en forme sur le plan individuel. On a établi un programme de travail qu’on a remis à chacun via whatsapp.

Quels mots avez-vous employés pour garder l’équipe motivée ?

S’agissant de la motivation, elle a été l’un des éléments sur lequel nous nous sommes appuyés afin qu’ils restent éveillés sur le terrain. C’est comme un père de famille qui veut voir ses enfants réussir, il ne peut que trouver des moyens de les encourager même s’ils font de petites bêtises mais on ne les sanctionne pas très durement. On les encourage, on les pousse à produire le meilleur d’eux même. À la base, ce sont des enfants qui peuvent produire de bons résultats, ils ont juste, de temps en temps, besoin de cette motivation venant de leur coach, de cette personne avec laquelle ils passent la plus grande partie de leur temps. La quête d’un premier titre a également été une source de motivation. On a utilisé tous ces éléments pour obtenir le meilleur et grâce à Dieu, cela a bien fonctionné.

Cette victoire marque-t-elle le début de l’hégémonie de FAP ?

Parler du début de l’hégémonie de FAP, j’aimerais bien, ce serait une fierté. Tout entraîneur se sentirait heureux de savoir que son équipe est au top chaque année mais c’est un travail, c’est un long processus qu’il faut mettre sur pied. Il faut pouvoir répondre à certaines interrogations telles que : sommes-nous de disposer du même effectif l’année prochaine ?… Néanmoins, nous allons continuer à travailler dans l’état d’esprit d’être toujours des vainqueurs. Je ne sais pas encore ce que nous réserve l’année prochaine mais nous allons continuer dans cette lancée.

Le coach poursuivra-t-il l’aventure avec FAP la saison prochaine ?

Continuer ou non l’aventure avec FAP, j’avoue que c’est une question assez délicate pour le moment. Il est un peu tôt pour se prononcer à ce sujet. Donnons-nous un peu de temps et l’avenir nous le dira.

Un mot pour le public et pour les sympathisants du basket camerounais ?

Quant au public et aux sympathisants de la balle orange, surtout les fans de FAP basketball, je leur tire un grand coup de chapeau et leur dis grandement merci car tout ce qui a été réalisé durant cette année, l’a été grâce à leur soutien, à leurs encouragements. Ils ont su accepter nos erreurs d’hier pour qu’aujourd’hui nous puissions engranger des victoires. Ils ont toujours su nous motiver pour que ne baissions pas les bras même dans les moments difficiles. C’est un public charmant et passionné qui m’a marqué pendant toute cette phase de championnat à travers les messages que j’ai personnellement reçus que ce soit par mail ou par texto, etc. j’avoue que je suis vraiment impressionné par tous ces sympathisants de FAP qui nous encouragent et nous motivent. Je sais pouvoir compter sur eux et FAP aura toujours besoin de leur soutien.

Merci également à vous, journalistes, pour ce travail fou que vous faites (même s’il n’est pas toujours visible) pour la médiatisation du basket national et de l’intérêt particulier pour FAP.

Russel Ngalle