Les auditions organisées à huis clos au ministère des sports ont déjà permis d’entendre près de 50 personnes. Il est question de faire toute la lumière sur cette affaire qui défraie la chronique et met en mal l’ensemble du mouvement sportif national.

De nombreux responsables ont perdu le sommeil à la fédération camerounaise de Karaté et disciplines affinitaires(Fecakada). Depuis le 17 juillet 2020 en effet, ces derniers sont appelés à fournir un ensemble d’éléments de réponse aux questions qui leur sont posées dans le cadre de l’enquête administrative ouverte par Narcisse Mouelle Kombi dans le but de faire la lumière sur les scandales sexuels dénoncés par le rapport du cercle des ceintures noires de la région du centre. Les auditions qui se tiennent au ministère des sports et de l’éducation physique sont organisées pour démasquer tous les coupables impliqués dans cette scabreuse affaire qui continue malheureusement de faire les choux gras de la presse. Selon des informations rendues publiques ce 28 juillet 2020 par le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune, 50 personnes ont déjà été auditionnées en l’espace d’une semaine d’enquête.

L’équipe chapeautée par l’inspecteur général des services, Michel Dissake Mbarga est donc à pied d’œuvre à travers des auditions à huis clos. Elle est d’ailleurs plus que jamais déterminée à produire des conclusions qui « permettront d’envisager des mesures appropriées à l’encontre de toutes les personnes dont la culpabilité sera établie », dans cette affaire qui touche à l’éthique et à l’esprit sportif. Un autre volet de l’enquête sera consacré à l’exploitation complète des éléments physiques, numériques et sonores mis à la disposition des enquêteurs. Cette phase permettra également de trouver le juste milieu au regard des contradictions qui ont émaillé la séquence des auditions.

On se souvient que tout est parti d’un ensemble de plaintes de quelques athlètes dont la plupart sont de sexe féminin. Le cercle des ceintures noires de Karaté du centre est monté au créneau par la suite en publiant un rapport de 16 pages, le 7 juillet dernier. Dans ce document, on constate de manière claire que le président de la fédération camerounaise de Karaté, Emmanuel Wakam et plusieurs autres encadreurs de cette instance sont incriminés. Ils sont accusés de manière générale, de harcèlement sexuel, tentative de viol, chantage et détournement de primes.

Dans le cas précis du président Emmanuel Wakam, on note par exemple le témoignage accablant d’Ornella Ngo Hiol. Cette athlète n’est pas passée par quatre chemins pour dénoncer une tentative de viol dont elle a été victime lors d’une compétition internationale en terre marocaine. « Le président de la fédération m’a invitée dans sa chambre. Il a fermé la porte à clef. Il m’a dit que j’étais sa fiancée et qu’il était temps que l’on consomme le mariage. Il a sorti une grosse somme d’argent et m’a proposée de coucher avec lui. Je lui ai dit que je le considérais comme un père. Il m’a tenue violemment par la culotte et a entrepris de me déshabiller par force. Je me suis débattue en faisant beaucoup de bruit », a-t-elle révélée.

Des accusations suffisamment graves qui ont, du reste, été rejetées en bloc par le concerné. Le patron des sports Narcisse Mouelle Kombi s’est donc vu dans l’obligation d’ouvrir une enquête administrative pour voir clair dans cette affaire de scandales sexuels qui concerne toutes les fédérations sportives civiles nationales. Les conclusions sont donc vivement attendues pour faire tomber les masques.

   Fabien Mbarga