A quelques jours de la tenue de l’édition 2020 de l’ascension du mont Eloumden, prévue le samedi 18 juillet prochain, le promoteur de ce rendez-vous sportif affiche une sérénité remarquable. Dans un long entretien accordé à notre rédaction, il s’est appesanti de manière abondante sur les contours de cet évènement qui gagne en crédibilité au fil des jours qui passent.  

 

-Bonjour maître Tchala et merci de répondre à nos questions. Dites nous, d’entrée de jeu, quel est l’histoire de l’ascension du mont Eloumdem, cet évènement sportif que vous organisez dans quelques jours ?

Bonjour ! C’est moi qui vous remercie pour l’intérêt que vous accordez à mes activités. L’ascension du Mont ELOUMDEN est une randonnée que nous organisons depuis une vingtaine d’années sur cette haute montagne située à cheval entre l’Arrondissement de Yaoundé VII, dans le Département du Mfoundi et l’Arrondissement de Mbankomo, dans le Département de la Mefou et Akono. J’ai découvert cette haute montagne qui culmine à près de 1000 mètres d’altitude en 1997, au cours d’une excursion organisée dans le cadre des activités des jeunes de la Paroisse Saint Achille KIWANUKA du Camp SIC Mendong, alors que j’étais lycéen. Cette expérience m’a tellement marquée, tant sur les plans physique, mental et spirituel que, passionné de sport que j’étais, j’y suis reparti seul trois années de suite pour me ressourcer dans ce haut lieu de détente et de recueillement à la veille de chaque rentrée scolaire. C’est ainsi qu’en 2001, après avoir créé mon club dénommé « STEFY SPORT », j’ai décidé de partager cette expérience avec mon entourage et mes adhérents. Depuis lors, au moins une fois l’an, je propose et fais vivre cette aventure qui aujourd’hui est devenue une tradition.

Quelle peut être l’importance d’une telle activité dans la vie des sportifs, en général, et dans celle du citoyen lambda, en particulier ?

Les bienfaits de la montagne pour le corps et l’esprit sont nombreux. Ce n’est un secret pour personne. Partir à la montagne, c’est s’offrir de l’air frais et pur. Toutes les études sont formelles : il y a moins de pollution, moins d’allergènes et ce n’est pas tout !! L’air de la montagne a des vertus énergisantes. Il est en effet démontré qu’à des altitudes modérées (entre 1000 et 1800 mètres), la baisse de pression en oxygène dans l’air ambiant a de multiples bienfaits sur la santé car, elle entraîne dans l’organisme certains mécanismes proches de ceux que l’on retrouve chez les sportifs de haut niveau qui s’entrainent en condition d’hypoxie pour améliorer leurs performances. Les panoramas montagneux ont aussi un grand pouvoir de calme et de sérénité sur l’esprit. C’est une grande source de bien-être :

– la montagne améliore notre moral; le vaste espace de la nature nous invite à l’évasion et à la détente. Plus nous grimpons en altitude, plus nous nous rapprochons du soleil, avec pour conséquence de faire le plein de vitamine D, ce qui favorise la sécrétion de la sérotine, entrainant chez l’homme, la diminution du stress et de l’anxiété. Rien que la vue du paysage verdoyant et calme procure une sensation de bien-être et de relaxation.

– La ville a tendance à augmenter notre niveau de stress et de tensions, et il suffit d’une balade en forêt pour se sentir plus détendu et reposé.

– L’altitude semble aussi retarder ou contrebalancer plusieurs pathologies associées au vieillissement ; car elle réduit les facteurs de risques d’accidents cardio-vasculaires, tout en augmentant les capacités physiques.

Donc, quand on n’a pas la chance de vivre en montagne, on a tout intérêt à y séjourner régulièrement, et lorsqu’on habite tout prêt d’un trésor comme le Mont ELOUMDEN, mieux vaut marcher ou courir sur ses hauteurs plutôt qu’en ville sur l’asphalte.

Les objectifs recherchés sont-ils restés les mêmes ? Sinon, qu’est-ce qui fait la particularité de cette nouvelle édition ?

Oui en effet, les objectifs sont les mêmes : « délassement, ressourcement, détente, effort physique ». Ce d’autant plus que la crise sanitaire actuelle, nous a « comprimé », sédentarisés depuis plusieurs mois, avec les conséquences négatives sur notre immunité.

Combien de participants attendez-vous à cet évènement et quel est leur profil ?

Nous attendons le maximum de participants, jeunes et adultes, sans discrimination de sexe, régulièrement entraînés ou non, à condition de n’avoir aucune contre-indication médicale.

-Qu’en est-il des modalités de participation ?

La première modalité ou condition est qu’il faudrait au préalable se faire consulter par un médecin pour contrôler certains paramètres élémentaires (tension artérielle, auscultation cardiaque et pulmonaire, glycémie…) pour s’assurer qu’il n’y a aucun risque.

Sur le plan vestimentaire, prévoir une tenue ample de préférence en coton ou en polystyrène, des chaussures de montagne ou des tennis solides, aérées, à semelles épaisses, souples et bien cramponnées, et éventuellement une protection contre la pluie…

En fin, une modeste contribution de 3 000 Frs CFA pour l’encadrement technique, le rafraîchissement, la couverture médicale et sécuritaire, ainsi que les divers, afin que chaque participant profite au maximum de ces quatre à cinq heures d’aventure, sans soucis aucun.

Cette édition se déroule dans un contexte sanitaire particulier. Comment allez vous vous organisez pour agir avec responsabilité ?

Toutes les dispositions sont prises pour que dès leur arrivée, les participants soient pris en main par la commission médicale et les moniteurs. Le contrôle de la température au départ et à l’arrivée, les mesures d’hygiène (lavage des mains) et de distanciations seront systématiques. Les départs des différents groupes constitués seront régulés de manière à ce que les effectifs soient inférieurs à cinquante personnes (encadreurs et participants compris).

-Avez-vous des sponsors qui vous accompagnent ?

Nous n’avons aucun sponsor. Toutefois, nous bénéficions de l’appui de certaines structures telles que, l’Institut National de la Jeunesse et des Sports (INJS), la Mutuelle des Personnels du Trésor (MUTRESOR), avec lesquelles nous avons des conventions de partenariat.

-Quels les résultats attendus à travers cette nouvelle édition ?

Nous espérons que cette ascension soit  plus courue à l’avenir, que ce mont devienne un véritable pôle d’attraction, dans l’intérêt du plus grand nombre. Par ailleurs, nous projetons la création d’un club de randonneurs, pour qu’en marge de ce rendez-vous annuel, nous allions à l’assaut des autres collines de la capitale et du pays tout entier, afin de bénéficier au maximum des bienfaits des hauteurs.

-Quel bilan personnel faites-vous des précédentes éditions ?

Nous sommes entièrement satisfaits du feedback que nous recevons des participants qui chaque année sont de plus en plus nombreux, et nous nous réjouissons que tout se soit bien déroulé jusqu’à présent.

Fabien Mbarga