L’ancien international camerounais sait de manière pertinente qu’il est difficile, voir impossible, pour un technicien noir d’être le patron du banc d’une équipe dans le vieux continent. Raison pour laquelle, il a avoué à nos confrères d’Afrik’Sports, qu’il est plus ouvert à une carrière d’entraîneur en Afrique ou dans des pays lointains.
Actif de manière professionnelle depuis près de vingt ans déjà, Achille Émana est loin d’avoir dit son dernier mot sur des pelouses de football. À preuve, du haut de ses 37 ans, l’attaquant Camerounais continue de faire des piges en Europe. Aujourd’hui, il se trouve précisément en Espagne. Et, c’est dans le club de troisième division espagnole dénommé  Union Deportivo San Sébastien de Los Reyes, qu’il poursuit sa carrière depuis quelques temps déjà. Cela ne l’empêche pas pour autant de se projeter dans l’avenir, et donc de penser à sa reconversion. Un sujet somme toute intéressant qu’il a abordé le mercredi 13 mai 2020, avec nos confrères d’Afrik’Sports. En confinement dans son domicile à Séville, l’ancien lion indomptable s’est rendu disponible pour un live sur Facebook. Au cours de ce moment de communication, il n’a pas manqué d’afficher son pessimiste, non seulement à l’idée d’être entraîneur, mais aussi à la possibilité d’entraîner en Europe. “Je ne serais pas entraîneur”, a-t-il avoué d’entrée de jeu. Par la suite, il a clairement étayé son argumentaire en ces termes: “il faut être réaliste. Ici en Europe, on a jamais vu un entraîneur noir. Même si j’ai mes diplômes aujourd’hui, soit je suis entraîneur en Afrique, soit dans un pays lointain, mais pas en Europe. Il y en a qui sont passés avant moi qui ont eu des diplômes”.
Ce pessimisme qui se dégage à l’évidence de ces propos de l’ancien toulousain, n’a jamais été partagé par un joueur comme Samuel Eto’o Fils. Attaquant jusqu’au boutiste, tout au long de sa carrière, le meilleur buteur de l’histoire des lions indomptables du Cameroun (avec 56 buts, NDLR), n’a jamais reculé face à une difficulté. On se souvient qu’il s’est récemment donné le défi d’occuper le poste d’entraîneur dans un grand club européen. Dans un entretien avec nos confrères de BBC en 2019, il avait affirmé sans ambages: “Je pense que j’ai gagné beaucoup dans les stades et que mon devoir serait désormais de transmettre toute cette expérience. J’ai essayé pendant quelques mois le rôle d’entraîneur et je peux faire jouer une équipe. Je ne peux quitter le foot sans transmettre mes connaissances aux futures générations. Mon rêve est d’être le premier entraîneur africain à coacher une équipe Européenne”.
Il faut relever que le quadruple ballon d’or africain ne s’était pas simplement arrêté à cette déclaration. Il avait clairement pointé du doigt des clubs comme l’Inter Milan ou encore le FC Barcelone dans la liste des clubs qu’il nourrit l’ambition d’entraîner, dans sa reconversion. “Un jour, j’aimerais bien revenir à l’Inter. Maintenant je ne sais si ce sera à Barcelone ou à l’Inter ou un autre club. Tout ce que je peux dire, c’est que quand je commencerai à entraîner, je gagnerai comme je l’ai fait en tant que joueur… Nous africains, avons pour habitude de solliciter nos frères étrangers, bien que ceux-ci ne recourent jamais à nos entraîneurs pour diriger leurs équipes ou nations. C’est mon rêve de petit garçon que j’aimerais réaliser”, avait-il noté.
Une chose est sûre en tout cas, c’est que Achille Émana a encore le temps de mieux réfléchir pour décider de la trajectoire qu’il va donner à sa vie, après sa carrière de footballeur.
Fabien Mbarga