La jeune volleyeuse qui a récemment participé au TQO des Jeux olympiques disputé à Yaoundé nous a accordé un entretien dans lequel elle parle de l’ambiance dans et autour de la tanière, de son quotidien en cette période de confinement et de ses objectifs pour l’avenir.

 

Installée en France, la sociétaire de Volley de La Tour, Iza Cathy Ambassa fait le bilan de sa saison en club, actuellement à l’arrêt en raison du coronavirus.

« En junior on a atteint le 6e et dernier tour de Coupe de France. Malheureusement à cause du coronavirus, les compétitions sont à l’arrêt. Mais être arrivé à ce niveau sur un plan personnel c’est vraiment incroyable, car le niveau est déjà très élevé chez les juniors. Une énorme satisfaction parce que c’est le tour le plus haut que j’ai pu atteindre depuis que j’ai débuté. Cette année, on n’a pas pu monter en sénior, mais on s’est maintenu avec une belle deuxième place. »

En raison du confinement appliqué en France, la jeune joueuse de 17 ans se maintient en forme tant bien que mal. Elle se concentre surtout sur la préparation de son examen et en profite pour passer plus de temps en famille.

« Actuellement je prépare mon baccalauréat dont l’examen est prévu dans 2 mois et demi. Je travaille tous les jours, je reçois des cours en correspondance via audio et vidéo avec mes professeurs. On fait des exercices d’évaluation en direct via des serveurs de l’Education nationale. En réalité mes semaines sont presque comme des semaines normales de cours.

Pour maintenir la forme je fais du footing tous les deux jours. On est tous confinés mais on est autorisé à sortir pour courir. Et de retour à la maison, je fais des exercices d’abdos, de gainage. Ce moment me permet néanmoins de profiter de ma famille. Je n’ai pas forcément souvent l’occasion de les voir car au cours de l’année je suis à l’internat. En semaine je ne suis jamais là et je joue le week-end, donc je n’ai souvent que le dimanche pour les voir. »

Premiers pas en sélection nationale

Convoquée en janvier dernier, Iza a été agréablement surprise par l’accueil que lui ont réservées les joueuses. Tout a été mis en œuvre pour faciliter son intégration. A mon arrivée j’avais un peu d’appréhension, mais tout le groupe m’a bien accueilli. Anciennes comme plus jeunes ont tout fait pour que m’intègre. Et au final je m’y suis plu je me suis bien entendu avec tout le monde. Je n’aurai pas pu me sentir mieux dans l’équipe que comme je le suis actuellement. L’Iséroise a également été marquée pour sa première avec les Lionnes, par la ferveur que peuvent susciter les doubles championnes d’Afrique auprès du public. L’ambiance était incroyable. C’était ma première compétition avec l’équipe A du Cameroun devant notre public, nos familles… L’ambiance était juste parfaite. On était au centre des attentions et je ne retiens que du positif de cette expérience. Le public camerounais est un public de haut niveau. Supporter son équipe de cette façon, sans cesse l’encourager, le public camerounais n’a vraiment rien à envier à n’importe quel public du monde.

Fière de ses origines

« J’ai participé à plusieurs rassemblements avec la France, mais non je n’ai pas été appelée en Equipe de France. Lorsque j’ai commencé à faire mes papiers pour jouer pour le Cameroun, j’ai eu droit à des remarques du genre “Attention si tu fais ça tu n’auras plus aucun espoir de jouer pour l’Equipe de France. ” J’ai répondu clairement que j’ai choisi de jouer pour le Cameroun plutôt que pour la France. Le Cameroun est une grande nation du Volley et à côté la France, pour moi le choix est vite fait : je préfère de loin le Cameroun. »

Une quête permanente de la perfection

Malgré son jeune âge, la libéro est consciente du travail et des efforts à fournir pour parfaire son jeu et répondre aux exigences du haut niveau. « Pour la saison prochaine je voudrais trouver un centre de formation parce que j’estime que j’ai encore beaucoup de travail à faire. Il faut que je mette l’accent sur l’aspect technique parce que le poste de Libéro n’est pas forcément celui que j’occupe en club. C’est nouveau pour moi et j’ai encore beaucoup de lacunes techniques, je suis jeune, donc j’ai encore beaucoup à apprendre. J’ai les capacités et surtout j’ai l’envie pour. Le but c’est de jouer à un plus haut niveau que mon statut actuel, la clé c’est le travail. Pour gagner ma place en Equipe nationale, je dois être encore plus forte parce que seules les 14 meilleures sont retenues. 

Je suis très heureuse et c’est vraiment un honneur pour moi d’être une Lionne aujourd’hui. C’est une fierté d’avoir revêtu ce maillot et je voudrais dire à toutes ces personnes qui nous ont soutenu que je les aime. Ce public m’a impressionné. Je ne savais pas que les gens pouvaient manifester un tel engouement pour du Volley. On n’a pas l’habitude de voir le Volley-ball comme un sport où il y a beaucoup de supporters et finalement je me suis rendu compte en voyant tout ce public dans l’enceinte du Palais des Sports qu’on était aimé en tant que personne et en tant qu’équipe. »

Russel Ngalle