Suspendue des prochains mondiaux d’athlétisme par la fédération internationale en charge de la discipline, la championne olympique du 800 mètres n’aura pas l’occasion de défendre sa couronne à Doha au Qatar. Malgré tout, elle garde la tête haute en regardant l’avenir avec optimisme. Dans un entretien accordé à nos confrères de RFI, la sud-africaine a mis en lumière les éléments qui l’aident à ne pas baisser les bras.

 

Il y a un peu plus de deux semaines de cela qu’on a été fixé sur le fin mot de la longue bataille juridique qui a mis au prise la fédération internationale d’athlétisme avec Caster Semenya, la médaillée olympique du 800 mètres. Suspendue des prochains mondiaux de la discipline prévus en septembre au Qatar, du fait de son fort taux de testostérone, la championne sud-africaine a décidé de ne pas garder le silence. Le 14 août dernier, elle a donné une conférence de presse à Johannesburg pour parler de sa frustration. Quelques jours plus tard, c’est à nos confrères de RFI qu’elle s’est confiée. Dans l’entretien qu’elle a accordé à ces derniers, elle est revenue d’entrée de jeu sur les raisons qui l’ont poussé à garder le silence pendant toute la bataille judiciaire à laquelle, elle a été confrontée.

“Mon silence ne signifie pas que j’accepte la décision. Je n’ai jamais été quelqu’un qui parle beaucoup en public d’habitude. Mes actions valent plus que mes paroles. Je ne peux pas trop m’exprimer sur l’affaire qui m’oppose à l’IAAF, car c’est une question juridique”, a-t-elle noté. Très remontée après la décision finale de la fédération internationale, Semenya a estimé qu’elle faisait l’objet d’une obsession de la part de cette instance. Un paramètre sur lequel elle a bel et bien apporté plus de détails, en argumentant que l’obsession à laquelle elle fait allusion part du fait qu’elle est la meilleure coureuse au monde. “Ils pensent que j’ai un avantage particulier par rapport aux autres. Mais la vie, ça ne fonctionne pas comme ça. S’ils veulent se débarrasser de moi, ils doivent le dire honnêtement. Au lieu de ça, ils trouvent des arguments comme faire des analyses statistiques sur comment mon corps réagit, sur mon physique ou sur mes performances”, a-t-elle expliqué.

Athlète de haut niveau, Semenya poursuit l’entraînement en Afrique du Sud, bien qu’elle ne pourra pas défendre son titre dans quelques jours à Doha au Qatar. Le constat qui est fait à ce niveau est que son entrainement n’est pas adapté aux nouvelles règles de l’IAAF.  Interrogée à ce sujet, l’athlète a répondu sans détour : “ma façon de m’entraîner ne pourra jamais changer. Le seul changement possible, c’est votre intensité dans la préparation avant les compétitions. Je suis une spécialiste du 800 mètres, du 1500 mètres et aussi du 400 mètres. Je ne peux pas changer d’entraînement comme ça, en fonction de l’évolution  des règlements.” Toujours est-il qu’elle reste très forte au milieu de tout ce feuilleton judiciaire. Sa force ici est avant tout sa famille et les personnes qui lui sont chères. “Je pense que sans famille, on n’est rien. Ma force provient avant tout de l’amour et du soutien de ma famille, de ceux qui m’entourent”, a-t-elle révélé.

 

Fabien Mbarga