Arbitre de football chevronné, l’homme vient de ranger son sifflet pour embrasser une nouvelle aventure d’instructeur. Dans un entretien accordé à nos confrères de Press Sport, il a tout dévoilé sur ses débuts et ainsi que sur les méandres qui ont marqué son parcours professionnel.

 

Beaucoup de camerounais n’ont pas oublié son nom après avoir suivi les rencontres de la CAN 2019. Evarist Menkouande a bel et bien marqué les esprits au cours de ce prestigieux rendez-vous continental qui s’est soldé en Égypte il y a quelques jours par le sacre de l’Algérie. L’officier de la police camerounaise qui a dirigé plusieurs rencontres à l’occasion de cette compétition a décidé de ranger son fanion. A 45 ans, il a connu une carrière d’arbitre international riche. En plus de ses 7 participations en coupe d’Afrique des nations, il a dirigé des rencontres lors des coupes du monde de 2010 et 2014. Sa passion pour l’arbitrage naît de l’athlétisme qu’il a pratiqué avec beaucoup d’amour dans  sa tendre jeunesse. “J’étais un bon athlète, j’ai fait l’athlétisme en 100, 200m et les relais. J’ai fait plusieurs finales des jeux OSSUS à l’époque avec les géants d’avant tels que Selemou. Malheureusement, le suivi m’a fait défaut du fait du manque de moyen et personne n’a voulu croire en moi pour me soutenir. Je suis persuadé que j’aurais fait une belle carrière en athlétisme”, a-t-il confié à nos confrères de Press Sport dans un entretien. Menkouande n’a pas manqué de revenir sur les circonstances de ses premiers rendez-vous avec le sifflet qui commencent à son arrivée au lycée de Meiganga. “J’ai commencé à diriger des matches des interclasses. C’est ainsi qu’un professeur, monsieur Zengue… et monsieur Nko’o, ancien coach de Dragon FC ont décidé de m’adopter en me donnant tout le temps le sifflet. Ça me réussissait et j’ai ainsi été détecté par le président de la ligue départementale du Mbéré qui m’a promis de faire une formation animée par monsieur Ntazo”, a-t-il révélé.

C’est donc ainsi que sa carrière d’arbitre a commencé. Son amour pour l’arbitrage a ainsi grandi au fur et mesure qu’il dirigeait des matches. De retour à Abong Mbang son département d’origine, il commence à officier des rencontres de ligues départementales. Il accède ensuite en région après un test. Sa carrière professionnelle prend une véritable tournure à partir de 1999. Cette année-là, il fait des test de promotion à Yaoundé et termine premier des assistants. Devenu arbitre de première division au pays, il gagne en expérience au fil du temps et passe international en 2003. De manière générale, sa carrière n’a pas été aussi évidente comme beaucoup le pensent. “Quand vous avez la responsabilité de départager les gens dans l’équité, ça vous donne beaucoup de richesse en matière de relations, vous allez dans plusieurs pays, vous rencontrez plusieurs personnes différentes, vous vous créez des amitiés, vous partagez et ça permet aussi de pouvoir développer d’autres connaissances tout en se créant de nouvelles relations. L’arbitrage était une très bonne aventure pour moi sur le terrain, j’ai beaucoup aimé car j’y ai mis du cœur, de l’amour et de la passion… J’ai connu des moments difficiles où je pouvais laisser ma vie sur le terrain, mais ce n’était pas important car il fallait rester focaliser sur son devoir et que s’il fallait y laisser sa vie, ce n’était pas grave car la nation ou l’instance qui vous a envoyé reconnaîtra que vous êtes un homme qui ne faisait que son travail”, a-t-il souligné.

Aujourd’hui, Evarist Menkouande a embrassé une nouvelle vie. Celle d’instructeur d’arbitre avancé. Il vient d’ailleurs de boucler au Togo un stage de formation ” Futuro 3″, organisé par la FIFA et la CAF du 5 au 9 août dernier. Stage au cours duquel il a terminé troisième. Une nouvelle carrière l’attend donc…

 

Fabien Mbarga