Le Rwandais Joseph Areruya sera le coureur noir africain à disputer la « Reine des Classiques » le 14 avril prochain.

 

Longue de 257 Km agrémentés de 55 kilomètres de secteurs pavés (sur 257 au total), la «Reine des classiques» est une course mythique pour les amoureux du vélo. Une course difficile à dompter et au palmarès de laquelle on retrouve les plus grands noms du cyclisme à l’instar d’Eddy Merxx dans les années 70 et plus récemment Tom Boonen, ou le Suisse Fabian alias ‘’Spartacus’’ Cancelara. Pourtant tous en rêvent. Et cette année le rêve ira au delà du vieux continent, puisque l’Afrique y sera représentée par l’un de ses meilleurs coureurs, le Rwandais Joseph Areruya. En effet, jamais en 116 ans d’existence, un coureur d’Afrique noire n’avait pris le départ de la course la plus difficile des 5 Monuments (Milan-San Remo, le Tour des Flandres, Paris-Roubaix, Liège-Bastogne-Liège et le Tour de Lombardie). Il y a bien eu des maghrébins en l’occurence le Marocain Rafaâ Chtioui en 2011 et 2012, un Algérien, un Tunisien, plusieurs Sud-Africains blancs les Erythréens Merhawi Kudus et Daniel Teklehaimanot s’étaient risqués sur les pavés, mais sur les épreuves de Liège-Bastogne-Liège.

Joseph Areruya a vu sa carrière décoller lorsqu’il y a un an il décide de quitter son pays pour rejoindre l’équipe professionnelle Delko Marseille-Provence. La formation française  qui est engagée dans cette course depuis 2015 a fait le pari de lancer dès cette année son espoir africain. Son manager général Frédéric Rostaing explique : « Joseph a eu le droit la semaine dernière à une petite initiation avec trois courses pavées en Belgique et dans le Nord de la FranceOn avait déjà en tête l’idée de l’aligner sur Paris-Roubaix, il a tenu le choc. Maintenant, il est prêt pour relever le défi Roubaix. »

Aller à Paris-Roubaix pour apprendre et finir dans les délais

Gare tout de même à griller cette pépite. Le Rwandais est certes est une star sur le continent africain (vainqueur du tour national du Rwanda en 2017 et de la Tropicale Amissa Bongo, Areruya a également été sacré coureur africain de l’année 2018), mais un coureur avec très peu d’expérience international, surtout face au gratin mondial. Avant de se frotter à Chris Froome ou au dernier vainqueur de Paris-Roubaix Peter Sagan, il faudra observer et apprendre. Son équipe lui fixe comme premier défi de terminer dans les délais dans ‘’l’Enfer du Nord’’. « Avec son physique robuste et résistant, Joseph a les qualités pour être performant sur les pavés, mais pour l’instant, les ambitions sont mesurées: finir et, si possible, être acteur de la course à un moment donné. »

Russel Ngalle