Sur la lancée de leur prestation mitigée à la dernière tropicale Amissa Bongo, les camerounais se sont illustrés par des disqualifications en série qui interpellent quant au niveau du cyclisme camerounais.

Du 24 février au 03 mars dernier s’est tenue la 11e édition du tour du Rwanda. Considérée comme la course la plus populaire d’Afrique, cette édition  au pays des mille collines restera dans les annales comme l’une des plus disputées notamment avec le passage de l’édition 2019 en catégorie 2.1, ce qui  a permis la participation de quelques unes de la crème des équipes européennes. Ce dimanche marquait l’apothéose, consacrant l’Erythréen Merhawi Kudus champion.

Certes cette victoire a le mérite de vanter les qualités du cyclisme africain qui connaît une nette progression avec les prouesses des coureurs érythréens notamment, cependant il conviendrait de s’attarder sur  un constat accablant voire inquiétant : celui de la prestation à ce rendez-vous continental de l’équipe cycliste du Cameroun qui interpelle. Au soir du 28 février, l’équipe camerounaise était disqualifiée du classement par équipes, car après les disqualifications en cascade de ses coureurs, le Cameroun ne comptait plus que 2 coureurs et le règlement stipule qu’il faut au moins trois cyclistes sur les cinq de l’équipe, pour que celle-ci  soit classée au temps cumulée des coureurs restants.

Le champion du Cameroun en titre Artuce Tella arrivait hors délai et rejoignait à ce triste palmarès ses coéquipiers  Jacques Ondoa Zang, Yaou Gadji arrivés respectivement hors délai lors de la deuxième et de la troisième étape. Au terme de la 4e journée, l’équipe camerounaise ne dérogeait pas à la règle avec le cycliste  Michel  Boris Tientcheu qui dans la douleur arrivait plusieurs heures après le vainqueur d’étape et par conséquent était classé hors délai. Pire, le seul rescapé de la team Cameroun Clovis Kamzong Abessolo était 65e sur 65 au classement général.

Ces piètres performances couplées ne peuvent être anodines et jettent un sérieux discrédit sur le cyclisme camerounais. Du point de vue d’experts, une telle série d’arrivées hors délai questionne quant à la qualité de la préparation des cyclistes pour des événements de cette envergure, sur le professionnalisme et l’implication des autorités en charge du cyclisme camerounais quant au suivi des coureurs, le manque d’équipes professionnelles pour leur permettre de se frotter à ce qui se fait de mieux en terme de cyclisme tout du moins au niveau continental. Le déclin des performances des coureurs camerounais avait déjà attiré l’attention en janvier durant la dernière tropicale Amissa Bongo, où le premier occupait la quarantième place au classement général et le dernier le 78e rang sur 80 coureurs classés.

Russel Ngalle